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Dépasser le tabou de l'incompétence

Publié le , 3 minutes

“Incompétence” est un mot qui fait peur au point d’en être devenu tabou !

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J’ai été confronté à une situation assez fréquente dans la vie d’un consultant en organisations et méthodes de travail. Lors d’une réunion avec un client (manager qui plus est), en ma qualité de consultant, je lui ai notifié le défaut de compétence d’un membre de ses équipes sur le nouveau rôle qu’il lui avait été confié. Une personne par ailleurs très compétente dans son rôle occupé jusqu’à présent.

Vous pouvez considérer la forme choisie un peu abrupte. Les discussions autour de l’incompétence doivent davantage mettre à l’honneur la forme que le fond… Au point peut-être d’éviter ce mot si négativement connoté. La réaction du client fut assez catégorique. « Il n’est pas question de dévaloriser un membre de mes équipes » et « Je ne rentrerai pas dans ces considérations qui portent atteinte à la qualité du travail d’une personne ».
Je vous rassure, la conversation s’est détendue par la suite après avoir précisé mes propos.
Quoi qu’il en soit, il m’a révélé cet état de fait : L’incompétence est perçue très négativement parce qu’elle porte implicitement, si la précision est omise, sur l’individu lui-même et non sur un domaine d’intervention de cet individu.
Et pourtant, comme le défini le Larousse, ce n’est « qu’un manque de connaissance ou d’habileté pour faire quelque chose ». Elle est inhérente à tout changement. Bien identifier l’incompétence est la première étape indispensable pour passer de l’état d’incompétent à l’état de compétent.

L’indélicatesse aurait été de dire : “Il ou Elle est incompétent(e).” Ce n’est pas vrai. Ce n’est jamais vrai. Nous sommes tous incompétent dans une multitude de domaines de la vie courante. Les incompétences professionnelles n’en font pas exception.

Le problème n’est pas l’incompétence dont fait preuve untel ou unetelle mais le fait qu’elle soit tue ou ignorée. Plus la victime de ce jugement d’incompétence, ou son entourage, évite de confronter la réalité, plus difficile devient la voie d’acquisition de la compétence souhaitée.
En effet, les conséquences peuvent être dramatiques si l’incompétence, perçue par tous comme normale au début, perdure. Avec le temps, l’inconfort dégrade considérablement la situation psychologique de l’intéressé, au point parfois de s’auto-persuader d’être un bon à rien, voire un nul en tout !

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Je peux me référer au principe de Peter selon lequel toute personne avance dans la hiérarchie jusqu’à atteindre son niveau d’incompétence sur le rôle qui lui est donné :

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Peter, n’est pas des plus optimistes en nous laissant sans solution.

Si ce niveau d’incompétence est atteint, malheureusement, rares sont ceux qui reviennent en arrière ou changent de chemin.

Et pourtant, pour se sentir bien dans son travail et dans sa peau c’est précisément ce qu’il faut faire.

Un changement de poste, accompagné parfois d’une promotion se rencontre quelquefois dans une carrière. C’est la situation par excellence dans laquelle l’incompétence est criante ET malheureusement trop souvent ignorée ou sous-estimée. L’un peut se dire : “Ils m’ont confié ce nouveau poste parce qu’ils pensent que j’en suis capable, j’y arriverai”. Et l’autre se dira “C’est un excellent élément et il mérite qu’on lui donne cette opportunité, il y arrivera”. L’issue peut être très favorable à condition de reconnaître son incompétence et d’agir en conséquence. Il s’agit d’identifier honnêtement le domaine dans lequel elle est observée, afin de travailler collectivement à la réduire jusqu’à la faire disparaître.

Alors comment s’y prendre ?

Première étape : accepter mon incompétence

Oui je suis incompétent dans ce domaine-là !

Deuxième étape : Se demander quoi faire de cette incompétence.

Oui j’ai réellement envie d’être compétent parce que ce domaine m’intéresse !

Ou alors,

Non ce n’est pas un domaine sur lequel je souhaite progresser, ça ne m’intéresse pas !

Est-ce vraiment un domaine ou un chemin pour moi ? Faut-il vraiment que j’accepte de faire ce qu’on attend de moi si ça ne me convient pas ?

Troisième étape : si la réponse à la troisième étape est oui, de quels moyens dois-je disposer pour devenir compétent et en discuter avec les personnes adéquates pour en disposer.

Quel que soit votre choix, il faut se poser cette question en son âme et conscience . Les actions ou les prises de conscience nous permettront de ne plus être incompétents dans le domaine où nous sommes attendus.

Nous avons souvent besoin de professionnels RH bienveillants et soucieux de notre bien-être pour nous accompagner vers notre chemin d’épanouissement.

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